Ruines inca et montagne arc-en-ciel : comment visiter les alentours de Cusco en évitant les flots de touristes

Ce que j’ai appris de ces derniers jours, c’est qu’il y a beaucoup à gagner en se creusant un peu la tête au lieu de passer par un tour opérateur… Surtout quand la chance décide de s’en mêler !

L’objectif : la montagne arc-en-ciel, ou Cerro Colorado, paysage ahurissant à en croire mes recherches sur google images et d’autres voyageurs rencontrés sur la route. Le lieu est situé à un peu plus de trois heures de route de Cusco, et en ville, tous les (très) nombreux tours-opérateurs proposent des excursions à la journée. Un peu refroidie par le côté « troupeau », cela faisait quelques jours que je potassais pour trouver un moyen de m’y rendre par moi-même, quand une voyageuse portugaise m’a indiqué ce blog : http://mundosemfim.com/conhecendo-o-cerro-colorado-de-cusco-sem-gastar-quase-nada/  Merci à ce brésilien qui a détaillé par le menu comment s’y prendre !

En route ! Au lieu de me rendre directement à la montagne colorée, je prévois une journée pour explorer les ruines inca qui se trouvent sur le chemin. Absentes du menu des tours-opérateurs, elles présentent l’avantage – à mes yeux inestimable – d’être délaissées par les touristes.

Premier arrêt à Tipón, un ancien site expérimental inca. Sur ces immenses terrasses coupées au cordeau, les quechuas ont domestiqué, sélectionné et amélioré quantité de plantes, dont plus de 5000 plantes médicinales comme la coca, mais également des cultures vivrières, tubercules, maïs, etc. La station expérimentale des agronomes de l’empire inca, en quelque sorte !

Je suis restée un bon moment fascinée par le système d’irrigation et ses canaux, toujours fonctionnels. Le site possède également un centre d’astronomie, et une impressionante fontaibe cérémonielle.

Après avoir observé tout mon saoul, direction Pikillaqta et ses ruines pré-inca. Là, littéralement pas un chat, et je peux me balader dans les ruines en me prenant (presque) pour une archéologue dans une région inexplorée du monde.

Trajet en bus sans accroc jusqu’à Urcos, puis Checacupe, et enfin en taxi jusqu’à Pitumarca, petit village où j’ai prévu de passer la nuit avant d’entreprendre l’ascension de la montagne colorée. Mais la chance a décidé de me sourire ! Dans le taxi, le chauffeur m’apprend que le lendemain a lieu le festival annuel de Pitumarca, avec danses traditionnelles et représentations théâtrales. Sans hésiter, je décide de repousser d’un jour le trek pour aller voir ça de mes propres yeux… Et j’ai bien fait ! Le festival a lieu au pied de ruines inca situées au sommet du Machu Pitumarca. Rien que la beauté de l’endroit justifie le trajet. Dire que j’ai failli passer à côté !

Là est rassemblée une foule haute en couleurs, tenues aux teintes de l’arc-en-ciel, jupes brodées, ponchos bigarrés… Je suis la seule étrangère de l’assemblée. J’assiste, fascinée, aux préparatifs : ce sont les plus petits qui dansent les premiers, et ils revêtent les costumes traditionnels correspondant aux danses qu’ils vont exécuter. Jupes tournoyantes pour les filles, différents chapeaux et vestons rebrodés de sequins, gilets de pompons multicolores, énormes coiffes circulaires en paille, oiseaux ou lamas empaillés dans le dos et chapeaux de plusieurs mètres de haut, c’est un invraisemblable déferlement de couleurs ! Les petits, trois, quatre ou cinq ans, sont d’un sérieux incroyable quand vient leur tour de répéter les pas d’une danse ancestrale. Les danses s’enchaînent, aux enfants succèdent les classes plus avancées et les adultes. J’ai même droit à une pièce de théâtre entièrement en quechua, une représentation de la venue de l’Inca au village de Pitumarca – enfin, c’est ce que j’ai cru comprendre !

Le lendemain, réveil nocturne pour me rendre à la montagne colorée. Pas de bus, les taxis sont chers : c’est donc en camion que je parcours le trajet qui sépare Pitumarca du départ du trail. Mes compagnons de voyage sont des péruviens qui travaillent sur place, proposant aux randonneurs de la nourriture, des souvenirs, ou un cheval pour faciliter l’ascension. À l’arrière du camion, nous sommes assis sur les bottes de foin destinées aux chevaux. Ne serait-ce le froid mordant, ce serait même plutôt confortable ! Après un peu plus de deux heures de route, je commence à marcher alors que le ciel s’éclaircit, un peu avant 6h. Pas un chat. À l’entrée, même les contrôleurs de tickets ne sont pas encore arrivés, je passe comme si de rien n’était… 10 soles d’économisés, c’est le début de la fortune !

L’ascension est magnifique et très difficile. La pente n’est pas vraiment forte, mais avec une arrivée à 5200m d’altitude, le manque d’oxygène ralentit chaque pas. Un vendeur qui me dépasse m’offre des feuilles de coca à mâcher, ça aide un peu. Après un peu plus de deux heures de marche, en faisant des pauses quasiment à tous les pas dans la montée finale, j’arrive enfin au sommet. C’est à couper le souffle.

Seule une poignée de campeurs est déjà au sommet, je profite du panorama en toute tranquillité… En contrebas, on peut voir les troupeaux de lamas, les alpagas et les vigognes sauvages, gracieuses bestioles. En marchant un peu plus loin sur un autre sentier, je découvre la vallée rouge, magnifique !

Sur la route du retour, le sentier est devenu une vraie fourmilière : ça valait vraiment le coup de se lever tôt ! Il ne me reste plus qu’à trouver une place libre dans un des bus touristiques qui repartent pour Cusco, et le tour est joué.

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